Aborder sa vie comme un trailer

Comment l’ultra-trail peut nous inspirer au quotidien

Un Nouveau Monde se présente à nous, les règles ont changé, les envies, les contraintes et nos attentes aussi. L’entreprise, les commerces, nos vies ont dû s’adapter.
Comme après chaque grand bouleversement, la question du management revient. Le manager doit désormais vivre en incertitude et manager autrement… un peu comme un ultra-trailer.

Un ultra-trailer est une personne qui parcourt plus de 80 km en pleine nature et en semi-autonomie. La course est « découpée » en portions de 15 à 20 km à l’issue desquelles notre ultra-trailer peut se reposer, boire et/ou manger pour mieux repartir. Même s’il dispose d’informations sur le parcours qu’il va aborder (dénivelé positif/négatif) il y a toujours beaucoup d’inconnues : le type de terrain, la météo, son état physique…

Après cette brève explication, certains peuvent se demander, mais quel rapport avec le manager et l’entreprise ?

Voici les 5 points clés qui peuvent servir d’inspiration aux managers, mais aussi à chacun d’entre nous :

1) Penser court terme et viser long terme :

Comme notre ultra-trailer, notre manager doit désormais envisager le futur comme une succession d’étapes menant à la réussite finale. Le manager doit avoir un objectif long terme, mais le découper en objectifs atteignables, en petites victoires intermédiaires.

Par exemple, plutôt que d’envisager un retour de 100 % des effectifs sur site dans 6 mois, le manager va envisager l’arrivée des premiers le 11 mai avec une période d’adaptation et de test jusqu’au 2 juin. Ainsi, il ne vit plus en incertitude, il reprend la maîtrise sur son environnement.

Moins déstabilisante, cette vision évite de vivre en incertitude constante et permet de reprendre le contrôle sur son environnement.

Psychologiquement, cela est rassurant et n’est pas pour autant un rejet du futur.

Notre ultra-trailer part pour 80 km, pourtant il va commencer par en faire un…

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Créateur :RICHARD BOUHET Crédits :AFP

2) S’adapter à l’environnement

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Crédits :A. Karnholz - stock.adobe.com Droits d'auteur :©A. Karnholz -

L’environnement, les attentes des consommateurs changent, les règles et obligations aussi. Plutôt que de rejeter cela, plutôt que de chercher à modéliser quelque chose qu’on ne connait pas, apprenons à nous adapter.

Pendant une course, notre ultra-trailer se change, se couvre et se découvre en fonction de la météo. Il ne vit pas en incertitude, il s’adapte. Ce point est crucial, ce changement de point de vue est la clé pour l’entreprise de demain. En entreprise, acceptons la souplesse et arrêtons de voir cela comme une contrainte. De nouvelles opportunités se créent. Prenons exemple sur cette entreprise qui faisait des goodies en plastic avant le Covid et qui a adapté sa production pour aujourd’hui vendre des visières en plastique.   Abordons la situation de manière proactive et positive. Le changement n’est pas forcément quelque chose de négatif, et on peut choisir de le voir comme une contrainte ou le transformer en opportunité.

3) Prendre conscience que le terrain est changeant

Chaque partie d’une course est différente de la précédente, c’est ce qui fait la richesse des courses de trail. Accepter que, même les passages difficiles, ne durent pas est une première étape vers plus de sérénité.

Le trail est un sport individuel, mais extraordinairement solidaire. Les ultra-trailers le savent bien, on a parfois besoin des autres pour avancer et traverser un passage difficile ou un moment de baisse de forme. Une très belle leçon est d’apprendre à demander de l’aide et de savoir que ce n’est pas un signe de faiblesse. Même les plus grands champions savent parfois attendre un partenaire pour repartir.

C’est justement parce que certains passages sont difficiles qu’il ne faut pas non plus oublier de profiter des moments de calme et prendre conscience de la chance que nous avons lorsque nous vivons des périodes d’unité, avons un succès en entreprise, etc.

Célébrer les victoires et s’entraider dans les passages difficiles est essentiel.

Sommet
Photo by David Marcu on Unsplash

4) Savoir s’écouter et écouter son environnement

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Lors d’un trail, certaines parties peuvent être plus ou moins glissantes, plus ou moins dangereuses. Il faut alors être à l’écoute de son corps, mais aussi de son environnement.

Notre manager va devoir faire la même chose avec ses équipes et anticiper les potentiels mal-être. Le management à distance impose d’être plus empathique et de percevoir les signaux faibles tels que l’irritabilité, le changement d’humeur ou encore une certaine distanciation par rapport au reste de l’équipe.

Le manager doit être capable de remarquer un changement de comportement et ouvrir la porte pour que son collaborateur puisse poser les mots. Il faut qu’il soit vraiment à l’affût des moindres premiers signes indiquant un malaise. Dans les entreprises où le télétravail va devenir la norme, il est impératif que le manager soit formé à cela. Il doit apprendre à faire preuve d’empathie sans prendre pour lui ce que son collaborateur exprime. Certains sujets servent à cristalliser et exprimer un malaise autre. Écouter et ressentir le terrain est une capacité que l’ultra-trailer a appris, mais il a aussi et surtout appris à se connaitre et à savoir anticiper ses propres faiblesses.

Ainsi, il ne faut pas oublier de s’écouter et de percevoir quels sont nos propres signaux de malaise. 

5) Envie de réussir

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Pour prendre du plaisir et finir une course, il faut avoir l’envie de réussir.

Mais qu’est-ce que l’envie de réussir au final ? Ce n’est pas qu’un objectif vague et lointain. C’est ce qui nous motive pour préparer cette course un peu folle, c’est un moteur du dépassement de soi et une envie de faire quelque chose qui nous dépasse nous-mêmes. La préparation est clé, sans elle aucune chance de finir, mais s’entraîner n’est pas non plus la garantie de réussir.

Le physique est une partie importante certes, mais le psychique joue également énormément. Il faut avoir l’envie de réussir.

Les entreprises transposent cette notion dans la définition de leur mission, cela devient leur objectif.  Certains le traduisent par la quête de sens. Mais, au final, c’est une motivation qui nous pousse à aller au-delà de nous-mêmes, de nos capacités, qui nous permet d’accomplir des choses plus grandes.

Cette envie de réussir est ce qui fait qu’on va continuer malgré tout, même quand on a l’impression que la montée n’en finit pas, que le prochain point de ravitaillement est beaucoup trop loin. C’est ce qui va nous permettre de traverser les moments difficiles et d’aller de l’avant.

Et ce qui est encore plus formidable dans cette aventure, c’est qu’une fois réussi on sait qu’on est capable de le faire et de faire encore plus, plus loin.

Ces victoires sur nous-mêmes sont les plus belles, elles ne servent pas à se mettre en avant à un dîner ou à frimer, mais à
prendre conscience de sa propre capacité à se dépasser,
à aller au-delà de soi.

Vous voulez en savoir plus et allez plus loin dans la démarche?
Vous voulez le mettre en place dans votre entreprise?

Merci à (par ordre alphabétique)
Hervé Baron (DRH),
Romain Bonifaci (Chef d’Agence),
Philippe Foulquier (Ultra-trailer),
Marion Moreau (Directrice)

Pour leur temps, la qualité des échanges, leur regard sur le monde et le positif qui se dégagent d’eux.

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