Comment anticiper le retour en entreprise?

Quels seront les impacts du confinement sur nos comportements en entreprise ?

Le contexte :

Tout d’abord, il faut avoir conscience que nous ne reviendrons pas en entreprise comme nous en sommes partis. Ce que nous avons vécu d’un point de vue personnel et collectif a d’ores et déjà modifié nos comportements.

Les études qui ont été menées sur les effets psychologiques de la quarantaine et du déconfinement des personnes portent essentiellement sur les épisodes du SRAS, Ebola et H1N1 . Elles sont peu nombreuses, l’échantillon de population est faible par rapport au fait qu’actuellement la moitié de l’humanité est confinée et surtout, les conditions étaient différentes. En effet, lorsque les études ont été menées, seule une partie de la population était concernée (versus la moitié de l’humanité).

Cependant, cela nous permet d’avoir une tendance générale et de pouvoir appréhender les éventuels problèmes à venir, tout en notant que plus le confinement sera long plus les conséquences seront marquées et dureront dans le temps.est

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Le fonctionnement de notre cerveau :

Le cerveau

Pour comprendre comment nous réagirons demain, il est important de comprendre que le phénomène que nous connaissons et qui est le plus proche de notre état lors du déconfinement sera l’état de stress. Le stress est la résultante de plusieurs paramètres qui s’accumulent actuellement au fil du temps : la crainte de l’infection pour nous-mêmes, mais aussi pour nos proches, la frustration du fait d’être confiné, l’ennui, les informations inadéquates, les pertes financières et le chômage partiel. Bien évidemment, ces éléments résonnent plus ou moins suivant les conditions de confinement de chacun.

Tout cela finit par créer un stress latent qui, bien souvent, ne peut être exprimé. Les peurs projetées (futur possible) deviennent réelles et s’ancrent progressivement dans nos cerveaux. Le cerveau ne fait pas la différence entre le passé, le présent et le futur dans le traitement de l’information, il envoie des informations au reste du corps pour répondre au danger comme si la menace était immédiate.

Le fait est que le cerveau, avant même le déconfinement, a vécu en état de stress quasi permanent pendant plusieurs semaines. Si cela n’est pas anticipé, cela ne sera pas évacué. Et le retour en entreprise peut devenir explosif.

Le retour en entreprise — Jour 1

Imaginez votre collaborateur qui, avant le confinement, passait 2h par jour dans les transports. Il va arriver en ayant passé 1h avec des inconnus, enfermés dans une « boîte de conserve ». Son cerveau et son corps auront réagi face à la menace, comme ils auraient réagi face à un « tigre ». C’est-à-dire que la peur aura été présente, puisqu’il y danger. Et cela, même si la menace ne peut être évitée ou combattue. Le rythme cardiaque sera plus rapide, la pression artérielle plus élevée, l’adrénaline aura été sécrétée, la personne aura été en hyper sensibilité vis-à-vis du monde extérieur, en hyper vigilance face à la menace et les muscles tendus, prêts à l’attaque ou la fuite face au « tigre ».

Bref, votre collaborateur ne va pas arriver ce matin-là comme il arrivait avant.

Les effets psychologiques visibles très rapidement seront des réactions inappropriées, la colère évacuée sur un objet anodin qui servira à catalyser l’énergie en attente, de manière moins visible il pourra y avoir de la confusion dans la prise de décision. Cela peut également s’accompagner de compulsion alimentaire ou de perte d’appétit, mais aussi d’insomnie.

Tigre qui marche

Comment limiter les impacts ?

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Il faut être conscient que cela concerne toutes les personnes de l’entreprise, à tous les niveaux.
Comprendre les mécanismes est essentiel pour que les managers puissent aider leurs équipes, mais il ne faut pas les oublier. Eux aussi ont besoin de soutien pendant cette période.
Les ressources humaines seront encore très sollicitées et devront être préparées. Elles représentent les choix de la direction et peuvent également servir de catalyseur pour les salariés. Il faut donc qu’elles aussi soient accompagnées pour ne pas se retrouver en souffrance émotionnelle.

D’autre part, l’arrivée des collaborateurs doit s’organiser conjointement entre les ressources humaines, les managers, mais aussi la logistique et la communication. En effet, la distanciation sociale sera de mise et très probablement accompagnée du port obligatoire du masque. Un accueil spécifique les premiers jours ainsi que des adaptations seront donc nécessaires en entreprise.

Un accompagnement peut devenir opportun afin de gérer la reprise de manière holistique et coordonner l’ensemble des équipes dans ce redémarrage.

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