Vous avez dit reconfinement ? Quels impacts sur le cerveau ?

Conséquences possibles d'un reconfinement

À l’heure où la France est potentiellement sur le point d’être reconfinée, quels sont les impacts possibles pour ceux et celles qui seraient concernés ?

Il y a quelques mois, j’écrivais sur les impacts du confinement sur nos cerveaux et les risques associés. A l’époque, j’alertais sur les possibilités d’anxiété chronique et de dépression.
Malheureusement, les études l’ont confirmé. L’anxiété et la dépression sont désormais plus présentes qu’avant le confinement et la crise sanitaire et sociale.
Les gestes barrières et la distanciation sociale sont désormais rentrés dans notre mode de vie engendrant une détérioration de la qualité de nos relations.

Mais quel serait l’impact d’un deuxième confinement ? Revue des études actuelles.

u-kemm Afraid

Je me sens seul !

Dès 2016, une étude sur les souris réussit à isoler les neurones qui créent le sentiment de solitude. La solitude peut donc être mesurer par rapport à l’activité cérébrale et non plus que par rapport au ressenti. Cette étude a été réalisée sur des souris car ce sont des animaux sociaux, avec un comportement qui peut être comparé à celui de l’être humain.

Le résultat est stupéfiant : le besoin social serait comparable à une jauge d’essence. En privant momentanément de liens sociaux une souris, elle cherche ensuite à compenser ce manque auprès de ses congénères. Elle cherche à « remplir » son réservoir de sociabilisation. On peut également le comparer à une personne privée de nourriture.

Par ailleurs, de nombreux chercheurs en neurosciences ont également « profité » de la mise en isolement de la population pour mesurer les effets sur le sentiment d’isolement et la solitude sociale avant et après les périodes de confinement. S’il est difficile de quantifier et mesurer de manière objective la solitude (la méthodologie utilisée sur les souris étant invasive pour le cerveau, cela n’est pas reproductible en l’état sur l’être humain), mesurer le sentiment de solitude est possible grâce à des questionnaires. Le résultat est sans appel: peu de différences avant et après le confinement.

Les scientifiques ont d’abord été étonnés : ils s’attendaient à une forte augmentation du sentiment de solitude.
Mais, passé l’étonnement, les scientifiques sont venus à la conclusion que, finalement, l’homme s’est adapté.
Nous avons augmenté la fréquence de nos appels à nos proches, augmenté les Zoom, Skype et autres échanges digitaux. En parallèle, les voisins ont recommencé à se voir, à venir en aide aux plus démunis. Nous avons donc déjoué la solitude en nous retrouvant.

La solitude étant intrinsèquement subjective, il est possible de ne pas se sentir seul en l’étant physiquement. La technologie nous permettant de nous connecter.
Comme il est tout à fait possible de se sentir seul entouré de sa famille. C’est exactement ce que nous avons construit.

Cependant, il a été noté que, dans l’ensemble, ce sont les plus démunis qui se retrouvent les plus isolés par l’absence de téléphone ou d’internet. Difficile, pour eux, de recréer le sentiment d’appartenir à un groupe. Ils resteront les plus sujets à l’isolement et à ses conséquences si nous n’y prenons pas garde.

Ciel mon cerveau !

Une attention particulière doit tout de même être portée sur les impacts de l’isolement à long terme. Les études, qui ont été faites sur des équipes de chercheurs qui partaient de longs mois dans les pôles, ont mis en évidence une diminution de certaines parties du cerveau (jusqu’à 7 %) et « ils ont obtenu de moins bons résultats aux tests de conscience spatiale et d’attention qu’avant leur départ. »

Ces résultats sont cependant à nuancer avec la température de -50 °C et la baisse durable de luminosité. Cependant, toutes les études faites sur l’isolement font ressortir un impact fort sur le cerveau, sa structure et le comportement après la période d’isolement.

Cela a également été constaté chez nos aînés qui perdent plus vite leur autonomie lorsqu’ils perdent une partie de leurs relations sociales, même si d’autres facteurs jouent également.

En résumé : à court terme et globalement, nous nous en sommes plutôt bien sortis. Les sentiments de solitude et d’isolement n’ont pas progressé . 

Nous pouvons continuer à agir pour rester en contact avec les autres, continuer à échanger, à nous téléphoner et surtout, si le reconfinement se confirmait, il faudrait se réinventer des routines et penser aux plus fragiles (au sens large : nos aînés, les personnes vivant seuls, les plus démunis etc.

Et quand est-il de l’anxiété et du stress ?

Ce qui n’est pas encore mesurable c’est l’impact à long terme de cette période de stress. En effet, au problème de manque de socialisation que nous pouvons ressentir, à cause des gestes barrières notamment, s’ajoutent l’anxiété et le stress liés à la situation sanitaire et sociale.

Depuis plusieurs mois maintenant, nous devons faire face à une crainte continue et latente. Comme je l’expliquais dans mes articles précédents, le cerveau ne fait pas la différence entre une peur projetée et une peur « présente ».

Par exemple, vous vous baladez tranquillement quand, tout à coup, un ours brun surgit devant vous. D’un coup votre corps réagit et se met en « stress » pour vous proposer une réponse adaptée au danger.

Mais dans le cas du covid, inutile de crier pour le faire partir loin de vous ou de vous battre. Inutile également de courir pour l’éviter. Votre corps pourtant est en « stress », mais vous, de manière très rationnelle, n’allez pas vous mettre à crier ou à courir. Et comme le covid, la crise sanitaire et sociale ne partent pas, nous restons en état de stress latent générant de l’anxiété.

La situation risquant de durer encore un moment, il est préférable de faire en sorte que le niveau de stress diminue. Malheureusement, il n’existe pas une solution unique qui fonctionne pour tous. Chacun doit trouver ce qui lui correspond le mieux.

Exemple.

Le yoga, le sport ou encore la méditation permettent à beaucoup d’entre nous de faire baisser le stress. Mais il existe d’autres solutions que nous oublions parfois comme le rire.

Rire le plus souvent possible, rire de tout et de bon coeur : un autre moyen pour retrouver le bonheur.

Il est également possible de faire baisser la focalisation sur la situation par le sens.
Retrouver le sens de ce qui nous anime est essentiel. Notre énergie est alors utile et démultipliée. Nous avons plaisir à échanger et partager notre passion, nous augmentons ainsi notre niveau d’échange social.
L’impact est rapide aussi bien sur le moral que sur le physique.  

Retrouver le sens, donner du sens à ses actions… une solution pour se retrouver et retrouver l’énergie d’aller de l’avant.

Si on ne peut vivre comme avant, imaginons une autre vie. Enrichissons là de manière nouvelle et sortons des sentiers battus.

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